Les fonctionnalités AI Overviews et AI Mode de Google provoquent une riposte collective des éditeurs français. Cinq organisations professionnelles saisissent la Commission européenne pour dénoncer des pratiques susceptibles de fragiliser leurs activités numériques.
Depuis le 22 juillet 2026, les internautes français peuvent obtenir des réponses générées par l’intelligence artificielle directement depuis le moteur de recherche Google. Ces réponses exploitent notamment les contenus publiés sur les sites de médias. Pour les éditeurs, cette évolution pose un problème économique : leurs publications alimentent des services capables de retenir les internautes sur Google, sans passage par leurs propres plateformes.
Cinq organisations françaises s’unissent contre Google
Le Conseil paritaire de la publicité (CPA), la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS), le GESTE, le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM) et le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (SPIIL) déposent une plainte commune auprès de la Commission européenne.
Cette initiative rassemble des représentants de la presse numérique et d’autres éditeurs de contenus web. Selon les organisations signataires, jamais une coalition française aussi large ne s’était constituée pour une procédure de cette nature devant l’autorité européenne de concurrence.
Leur désaccord porte notamment sur les conditions de déploiement des deux services. Google les a introduits en France sans concertation préalable avec les éditeurs. Ces derniers redoutent une diminution des visites sur leurs sites, mais aussi une perte de visibilité pour leurs marques. Leur dépendance au moteur de recherche rend cette évolution particulièrement sensible.
AI Overviews et AI Mode au cœur d’une enquête européenne
La plainte intervient après l’ouverture d’une enquête formelle par la Commission européenne, en décembre 2025. Cette procédure vise à déterminer si Google enfreint les règles européennes de concurrence via l’exploitation des contenus des éditeurs et les vidéos de YouTube pour développer ses services d’intelligence artificielle.
Les autorités européennes examinent notamment les conditions d’utilisation de ces ressources et les risques de traitement inéquitable au profit des propres services de Google.
Le déploiement français, intervenu près de deux ans après les premières introductions à l’étranger, a permis aux éditeurs d’observer les expériences internationales. Ils ont ensuite recueilli des éléments sur les pratiques constatées en France.
Les éditeurs réclament davantage de contrôle sur leurs contenus
Les cinq organisations veulent désormais verser leurs observations à l’instruction européenne. Leur dossier rassemble des éléments factuels recueillis auprès des éditeurs français depuis juillet 2026.
Leur préoccupation concerne autant l’exploitation des publications que les revenus associés à leur consultation. Une réponse directement accessible sur Google peut réduire l’intérêt de visiter le site qui fournit l’information.
Les signataires demandent ainsi à Bruxelles d’examiner les effets de ces pratiques sur la concurrence, la maîtrise des contenus et la viabilité économique des éditeurs. Ils placent également le pluralisme de l’information parmi les enjeux de cette procédure, au bénéfice des citoyens européens.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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