Malgré un taux d’engagement record de 94 % pour l’IA en entreprise, moins d’une organisation sur deux parvient à industrialiser ses projets.
Après deux années d’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle, les directions numériques françaises se confrontent à une réalité plus rugueuse. Si presque toutes les grandes entreprises ont lancé des initiatives IA, seule une minorité a réussi à les industrialiser. Le dernier Digital Radar ekino 2026 révèle un écart frappant entre ambition affichée et transformation effective.
Une ambition massive, une industrialisation timide
Le chiffre interpelle : 94 % des entreprises interrogées ont initié des projets d’IA. Pourtant, seules 49 % déclarent avoir réellement déployé ces usages à grande échelle. Autrement dit, la moitié du tissu économique étudié reste au stade des pilotes ou des expérimentations élargies.
L’enquête, menée auprès de 500 Chief Digital Officers de structures de plus de 500 salariés, montre que l’intelligence artificielle a quitté le laboratoire. Elle est testée, intégrée dans certains services, parfois même valorisée en communication interne. Mais la bascule vers une transformation profonde tarde.
Les entreprises de taille intermédiaire, notamment celles qui comptent entre 500 et 999 collaborateurs, semblent plus vulnérables. Elles cumulent fortes ambitions numériques et capacités d’organisation encore en construction. Résultat : des projets qui avancent, sans toujours s’ancrer durablement dans les processus métiers.
Une maturité digitale revendiquée, mais fragile
Autre enseignement marquant : 92 % des CDO estiment que leur organisation est en avance sur le digital. Mieux encore, 97 % affirment disposer d’une stratégie formalisée. Sur le papier, la France numérique affiche donc une belle assurance.
Sur le terrain, le tableau est plus nuancé. Quarante-deux pour cent des organisations se situent encore au stade de la réflexion ou des premières initiatives structurées. Un CDO sur trois reconnaît que plus de la moitié des projets digitaux n’atteignent pas leurs objectifs.
Ce décalage entre perception et réalité opérationnelle traduit une difficulté bien connue des grandes transformations : la stratégie existe, mais son exécution reste inégale. L’intelligence artificielle agit ici comme révélateur des fragilités internes.
Le vrai défi : gouvernance et compétences
Le principal frein n’est plus technologique. Les solutions sont accessibles, les plateformes matures. Le Digital Radar met en lumière un autre point de blocage : l’organisation.
Trente-sept pour cent des répondants citent l’existence d’une équipe IA dédiée ou d’un centre d’excellence comme facteur déterminant de réussite. À l’inverse, 29 % pointent le manque de compétences internes, un chiffre qui grimpe à 39 % dans les groupes de plus de 5 000 salariés.
Les usages actuels restent majoritairement tactiques : automatisation du back-office, assistance au développement logiciel, relation client ou génération de contenu. Cette logique pragmatique sécurise un retour rapide, mais limite l’impact global. D’ailleurs, si 86 % jugent leurs projets satisfaisants, seuls 57 % constatent des effets mesurables sur la performance.
À l’horizon 2026, 38 % des CDO placent l’IA parmi leurs priorités stratégiques. Le prochain virage ne passera pas par une nouvelle vague d’outils, mais par un effort de structuration interne. L’intelligence artificielle ne manque plus de promesses. Elle attend désormais un cadre solide pour tenir les siennes.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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