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Emploi et IA : pourquoi les patrons de la tech se rétractent-ils soudainement ?

Impact IA sur l'emploi actuel

Face à la colère grandissante de l’opinion publique, les géants de la Silicon Valley changent radicalement de discours. Les prophéties de licenciements massifs laissent place à des déclarations beaucoup plus mesurées. Pour les patrons de Nvidia et d’OpenAI, ils affirment désormais que la menace de l’intelligence artificielle sur le marché du travail a été largement surestimée.

C’est un retournement de veste spectaculaire. Il y a encore peu, les grands dirigeants de la tech agitaient le spectre d’un grand remplacement des salariés par les algorithmes. 

Confrontés à une hostilité croissante de la part des citoyens et des salariés, ces patrons tentent de calmer le jeu. Ils assurent aujourd’hui que l’impact négatif sur l’emploi est exagéré. Et que selon eux, l’argument de l’IA pour justifier les vagues de départs est souvent fallacieux.

Jensen Huang (Nvidia) tacle les patrons paresseux

Jensen Huang n’hésite pas à critiquer ouvertement ses confrères de l’industrie. Lors d’une interview sur Channel News Asia, le patron de Nvidia a eu des mots très durs. Selon lui, les chefs d’entreprise qui annoncent licencier à cause de l’intelligence artificielle utilisent un discours purement paresseux.

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Le dirigeant s’appuie en effet sur une logique chronologique assez simple. L’IA est devenue réellement productive et utile il y a tout juste six mois. Pourtant, les vagues de licenciements dans la tech ont commencé il y a plus de deux ans.

« Cela n’a aucun sens. Je pense que l’on effraie les gens et c’est irresponsable », a insisté Jensen Huang.

Le directeur général de Nvidia reste convaincu d’une chose. Cette technologie va créer autant d’emplois qu’elle va en détruire. Le marché du travail va simplement connaître un déplacement de compétences.

Le mea culpa de Sam Altman (OpenAI)

Sam Altman a lui aussi revu sa position. Lors d’une conférence à Sydney, en Australie, le patron d’OpenAI a fait son mea culpa. Il reconnaît publiquement que son intuition de départ était fausse.

Le créateur de ChatGPT s’attendait à un impact immédiat et massif sur les emplois de bureau basiques. Or, les faits contredisent ses craintes. L’apocalypse tant redoutée n’a pas eu lieu. Il admet s’être trompé sur ce point.

Même constat de modération chez son concurrent direct, Anthropic. Son dirigeant, Dario Amodei, a lui aussi atténué son discours. Il estime désormais que si 90 % des tâches étaient automatisées, les 10 % restants deviendraient infiniment plus productifs

Cette vision ultra-technologique reste toutefois contestée. Jensen Huang avoue être en profond désaccord avec presque toutes les théories d’Amodei, qu’il qualifie d’apôtre apocalyptique.

L’ombre de la Bourse et du mécontentement populaire

Pourquoi ce changement de ton intervient-il maintenant ? La raison est d’abord financière. OpenAI et Anthropic préparent activement leur introduction en Bourse

Pour réussir cette transition, ils ont impérativement besoin de l’adhésion des investisseurs institutionnels et du grand public. Or, effrayer la société civile s’avère être une très mauvaise stratégie commerciale.

Aux États-Unis, les sondages récents soulignent le mécontentement et le rejet que la rupture technologique provoque chez les citoyens. 

Parallèlement, les grandes institutions économiques calment le jeu. La Banque centrale européenne (BCE) confirme que l’effet global de l’IA sur l’emploi reste très limité pour l’instant.

Des exceptions majeures existent pourtant dans le secteur financier. La banque britannique Standard Chartered vient d’annoncer la suppression de plusieurs milliers de postes de support d’ici 2030. Dans ce cas précis, l’IA remplacera bel et bien les humains en coulisses.

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