Une enquête récente révèle que plus de la moitié des services marketing B2B font face à un déficit de savoir-faire technique et pratique face à l’intelligence artificielle.
L’adoption de l’intelligence artificielle progresse dans les entreprises, mais les équipes opérationnelles peinent à suivre la cadence technologique. Selon les dernières données de l’enquête « State of B2B Marketing 2025 » publiée par Marketing Week, le secteur fait face à une réalité concrète : les outils sont là, mais les mains expertes manquent pour les piloter.
Un constat chiffré sur les lacunes des équipes
Les résultats de l’étude, basée sur les réponses de 450 professionnels du secteur, sont sans équivoque. Actuellement, 51,7 % des répondants affirment qu’il existe un véritable « AI skills gap », ou manque de compétences en IA, au sein de leur propre service marketing. Ce chiffre montre que, malgré la disponibilité des logiciels, la maîtrise interne reste insuffisante pour une exploitation optimale.
Le problème ne concerne pas uniquement les nouvelles recrues, mais touche l’ensemble des effectifs en poste. L’enquête de la revue anglaise précise d’ailleurs que 11,8 % des professionnels interrogés estiment ne pas posséder les compétences adéquates pour assumer leurs fonctions actuelles face à ces nouveaux outils. À cela s’ajoutent 8,2 % de sondés qui se déclarent incertains quant à leur niveau réel de qualification.
Une pression croissante dans les entreprises
L’intérêt pour ces technologies n’est plus une option mais une réalité de terrain. Au cours de l’année écoulée, 75,9 % des marketeurs B2B ont observé une augmentation nette de l’attention portée à l’IA au sein de leur structure. Cette accélération de la demande interne crée un décalage avec la réalité des compétences disponibles.
Le rapport souligne que si l’usage d’outils grand public comme ChatGPT, Microsoft Copilot ou Google Gemini s’est généralisé, leur intégration dans des processus métiers complexes reste laborieuse. Le manque de compétences techniques est cité par 51,5 % des participants comme un frein majeur. Les équipes tâtonnent, expérimentent souvent seules, sans cadre de formation défini par leur hiérarchie.
La question du manque de confiance
Au-delà de l’aspect technique, un facteur psychologique émerge des données collectées. L’écart de compétences est étroitement lié à un manque de confiance personnelle des employés. Beaucoup de marketeurs attendent de se sentir « prêts » ou parfaitement formés avant d’oser manipuler ces solutions en conditions réelles.
Cette hésitation freine l’expérimentation, alors même que l’investissement des entreprises dans ces technologies ne cesse de croître. L’étude de Marketing Week indique que le rôle des dirigeants devient central, non plus pour acheter des logiciels, mais pour encourager une culture de la curiosité et de l’apprentissage individuel. Pour l’heure, le constat reste celui d’une technologie qui avance plus vite que l’humain qui doit l’utiliser. Cela laisse une majorité de services marketing dans une phase de rattrapage intensif.
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