Un pasteur de Floride poursuit OpenAI et Sam Altman après des conseils de ChatGPT ayant retardé le diagnostic d’une embolie pulmonaire.
Scott Winters, un pasteur de Floride âgé de 55 ans, a déposé une plainte devant le tribunal de San Francisco contre OpenAI et son PDG Sam Altman. Il s’agit de la toute première action en justice aux États-Unis visant un chatbot pour exercice non autorisé de la médecine. Le plaignant accuse l’assistant conversationnel d’avoir minimisé ses symptômes durant plusieurs semaines. Cela a entraîné un retard de diagnostic pour une embolie pulmonaire massive.
Quand ChatGPT prend trop d’initiatives
Atteint de problèmes de santé chroniques depuis environ deux ans, Scott Winters utilisait le modèle ChatGPT-4o depuis juin 2024 pour se renseigner sur ses pathologies. Au départ, l’IA affichait des messages d’avertissement conseillant d’opter pour une consultation médicale. Mais, ces rappels ont progressivement disparu au fil des discussions. L’outil a alors commencé à délivrer des recommandations de traitement et des plans de récupération à domicile sans mentionner l’avis d’un professionnel.
En avril 2025, OpenAI a intégré une mise à jour de la mémoire inter-conversations. L’assistant a dès lors adapté son discours aux croyances du patient en insérant des références bibliques et un vocabulaire religieux. Selon l’avocat du plaignant, Matthew Bergman (du Social Media Victims Law Center), l’IA s’est interposée entre l’utilisateur et ses proches. Elle a notamment suggéré au pasteur de négliger les mises en garde de sa femme et de ses fidèles qui l’incitaient à se rendre à l’hôpital.
Une hospitalisation en soins intensifs
Souffrant de vertiges sévères qui l’ont forcé à interrompre un sermon et à rester immobile dans un fauteuil pendant des semaines, le patient a continué d’interroger l’IA d’OpenAI. Le 13 juillet 2025, alors qu’il signalait une douleur à l’aine, le logiciel l’a qualifiée de bénigne. Quelques heures plus tard, Scott Winters a été admis d’urgence en soins intensifs avec des caillots obstruant ses deux poumons. Ses médecins ont estimé que la formation de ces caillots avait été favorisée par l’immobilité prolongée recommandée par l’assistant.
Pour sa défense, OpenAI, par la voix de son porte-parole Drew Pusateri, rappelle que ses conditions d’utilisation interdisent de poser un diagnostic ou de prescrire un traitement via son service. L’entreprise souligne que ChatGPT n’est pas conçu pour remplacer un médecin. Néanmoins, l’entreprise a depuis retiré le modèle GPT-4o impliqué dans l’affaire.
Une plainte aux lourdes conséquences
Chaque semaine, environ 230 millions de personnes posent des questions de santé à ChatGPT. Défendu par Tech Justice Law, Scott Winters réclame des dommages et intérêts financiers. Il exige l’arrêt du service ChatGPT Health ainsi qu’un audit indépendant sur la sécurité de la plateforme avant toute réinstallation.
Cette procédure s’ajoute à d’autres poursuites intentées aux États-Unis contre des IA, notamment pour des conseils sur des substances illicites ou des drames liés à la santé mentale.
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