Les compétences liées à l’intelligence artificielle apparaissent désormais dans 20,1 % des métiers juniors recensés par JobTeaser en France. Et depuis 2022, cette proportion a plus que triplé. Mais les attentes diffèrent fortement entre ingénieurs, managers et secteurs d’activité.
L’intelligence artificielle ne constitue plus seulement un avantage réservé aux profils spécialisés. Elle entre progressivement dans les critères de recrutement des stagiaires, alternants et jeunes diplômés.
Une étude du Gen Z Lab de JobTeaser, fondée sur l’analyse sémantique de plus de 400 000 offres publiées en France, montre l’ampleur de cette évolution. En quatre ans, la part des postes juniors mentionnant l’IA est passée de 6,3 % à 20,1 %.
Les exigences liées à l’IA ont plus que triplé depuis 2022
La progression apparaît continue. Les compétences en intelligence artificielle étaient citées dans 6,3 % des métiers juniors en 2022, puis dans 7,8 % en 2023.
Le taux a ensuite atteint 10,9 % en 2024 et 15,6 % en 2025. Au premier semestre 2026, il s’établissait à 20,1 %, soit près de cinq points supplémentaires en un an.
Cette accélération traduit l’intégration rapide des outils d’IA dans les entreprises. Elle montre aussi que les jeunes candidats doivent désormais comprendre comment ces technologies s’insèrent dans les processus de travail.
Les recruteurs ne demandent toutefois pas systématiquement de savoir développer un modèle. Dans de nombreux postes, l’IA reste une compétence complémentaire, utilisée pour produire, analyser, automatiser ou superviser certaines tâches.
L’audit, la data et l’ingénierie sont les métiers les plus concernés
Toutes les fonctions ne progressent pas au même rythme. L’audit arrive en tête, avec 51 % des offres concernées par les compétences en IA.
La data et les statistiques suivent avec 48 %, devant la tech et l’ingénierie à 44 %. La gestion de projet informatique atteint 39 %, tandis que le conseil en stratégie se situe à 34 %.
Les écarts sont également importants entre les secteurs. Dans le numérique et l’IT, 64 % des métiers juniors exigent désormais des compétences liées à l’IA.
L’industrie atteint 45 %, le conseil et l’audit 44 %, puis la tech 34 %. À l’inverse, la banque et l’assurance restent à 14 %, l’administration publique à 13 %, et les médias à 12 %.
Le BTP, l’immobilier et l’industrie pharmaceutique se situent à 8 %. La mode et le luxe ferment la marche, avec seulement 3 % des métiers juniors concernés.
La taille de l’entreprise change peu cette dynamique. Les grandes organisations mentionnent l’IA dans 20 % de leurs métiers juniors, contre 19 % dans les TPE et PME.
@tvhiry @471ahouiwba J’ai suivi ton conseil et demandé à Claude : 64 % des offres d’emploi (junior) en IT/Numérique en France exigent désormais la maîtrise des outils d’IA. Une simple recherche t’aurait évité d’avoir tort. Autre chose ? https://t.co/VcUBNrCig8
— Dorian (@Statickzz_) November 6, 2026
Ingénieurs et managers ne doivent pas maîtriser les mêmes usages
Pour les profils techniques, l’IA constitue souvent une composante centrale du poste. C’est le cas dans 48 % des offres destinées aux ingénieurs qui la mentionnent, contre seulement 12 % chez les managers.
Les entreprises attendent surtout des ingénieurs qu’ils sachent concevoir et intégrer des systèmes. Le machine learning, la data science, le développement d’agents et l’intégration de solutions représentent 50 % des compétences IA recherchées pour ces profils.
Chez les managers, cette part tombe à 10 %. Les recruteurs valorisent davantage leur capacité à comprendre les usages, suivre les évolutions technologiques et choisir les outils pertinents.
La veille et l’appétence pour l’IA représentent ainsi 37 % des attentes envers les managers. Les usages opérationnels, comme la rédaction, la synthèse, l’analyse de données ou l’automatisation, atteignent 33 %, contre 13 % pour les ingénieurs.
Michaël Giaj, responsable des études de JobTeaser, résume cette différence : « L’IA s’installe dans les offres juniors à un rythme qu’aucune compétence n’a connu. Mais les réalités diffèrent selon les profils : un jeune ingénieur doit savoir la concevoir, un jeune manager doit surtout savoir l’utiliser à bon escient ».
Les soft skills restent plus nombreuses que les compétences techniques
La montée de l’intelligence artificielle ne réduit pas l’importance des qualités humaines. Une offre junior contient en moyenne sept compétences comportementales pour trois compétences techniques.
Les deux catégories progressent même simultanément depuis 2023. Les soft skills ont augmenté de 20 %, contre 16 % pour les compétences techniques.
Le leadership affiche la plus forte hausse, avec une progression de 232 %. L’orientation vers les résultats augmente de 124 %, tandis que l’amélioration continue progresse de 84 %.
Les entreprises ne recherchent donc pas seulement des jeunes diplômés capables d’utiliser un chatbot ou d’automatiser une tâche. Elles veulent aussi des profils capables de prendre des initiatives, de collaborer et d’évaluer la qualité des résultats générés.
Pour les étudiants et les écoles, le message est double. La maîtrise de l’IA devient difficile à ignorer, mais elle ne remplace ni l’expertise métier ni les compétences humaines. Le véritable avantage ne sera pas de savoir utiliser tous les outils, mais de comprendre lesquels mobiliser, dans quel contexte et avec quel niveau de contrôle.
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