L’agence de régulation chinoise bloque le rachat de la start-up Manus par Meta pour 2 milliards de dollars.
La NDRC chinoise vient d’ordonner à Meta d’annuler l’acquisition de la pépite de l’IA agentique Manus, malgré le déménagement de la start-up à Singapour pour éviter les tensions géopolitiques.
Coup d’arrêt pour Meta en Chine
La Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) de Chine s’est prononcée. Elle a officiellement interdit l’acquisition de la start-up d’intelligence artificielle Manus par le groupe américain Meta. Dans un communiqué succinct d’une ligne, l’organisme rattaché au Conseil d’État a ordonné aux parties concernées de « retirer la transaction d’acquisition ».
Cette décision intervient alors que le rachat, estimé à environ 2 milliards de dollars (soit 1,48 milliard de livres sterling ou 1,7 milliard d’euros), avait été rendu public à la fin de l’année 2025. Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, se voit donc contraint d’amorcer un processus de désengagement alors que l’intégration des équipes de Manus était déjà avancée.
Manus, une pépite née à Wuhan
Fondée initialement à Wuhan, en Chine, Manus s’est distinguée par le développement d’un agent IA généraliste et autonome. Contrairement aux chatbots classiques, la plateforme de Manus peut planifier et exécuter seule des tâches complexes. Cela concerne le codage, les études de marché ou encore l’analyse de données.
Pour contourner les restrictions d’investissement américaines et les contrôles à l’exportation chinois, la start-up avait fermé ses bureaux en Chine en juillet dernier. Elle s’était ensuite réincorporée à Singapour. Meta avait d’ailleurs précisé lors de l’annonce du rachat en décembre qu’il n’y aurait « aucune propriété chinoise continue ». Cependant, la NDRC a maintenu sa juridiction sur l’entité. Cette dernière a argué que le développement initial et le talent technique restaient liés aux intérêts nationaux chinois.
Meta pourrait abandonner le rachat de la start-up d’IA Manus, selon le Wall Street Journal. Chine bloque l’opération pour raisons de sécurité. L’accord annoncé en décembre visait une société fondée en Chine et basée à Singapour. https://t.co/5CKvfRjPmB
— Blick Actualité & Sport (@Blick_media) April 28, 2026
Des chiffres records dans la tourmente
L’ascension de Manus a été l’une des plus rapides du secteur de l’IA. Selon les données partagées par Meta et la start-up :
- 100 millions de dollars : c’est le revenu annuel récurrent (ARR) atteint par Manus seulement 8 mois après son lancement.
- 147 billions (trillions) de tokens : le volume de données traitées par le service à la fin de l’année 2025.
- 80 millions : le nombre de machines virtuelles créées par l’agent IA depuis son déploiement.
Malgré ces performances, les fondateurs de Manus auraient été empêchés de quitter le territoire chinois dès le mois de mars dernier dans le cadre de l’enquête réglementaire.
Tensions au sommet entre Pékin et Washington
Ce blocage s’inscrit dans un contexte de guerre froide technologique. La Maison Blanche a affirmé vendredi dernier vouloir collaborer étroitement avec les entreprises américaines. Elle souhaite ainsi contrer des campagnes de vol de propriété intellectuelle à grande échelle, en pointant du doigt des entités basées en Chine. De son côté, l’ambassade de Chine à Washington dénonce une « suppression injustifiée » de ses entreprises par les États-Unis.
Pour les analystes du cabinet Omdia, Pékin montre sa volonté de jouer dur pour conserver ses talents en IA, considérés comme des actifs de sécurité nationale. Meta a réagi via un porte-parole, affirmant que « la transaction était entièrement conforme aux lois applicables ». La firme américaine dit anticiper « une résolution appropriée à l’enquête ».
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