L’intelligence artificielle facilite la traduction et l’apprentissage des langues, sans faire disparaître le besoin de les maîtriser. Selon une étude du Cercle des Langues, 81,1 % des répondants jugent cette compétence toujours aussi importante, voire plus stratégique.
Les traducteurs automatiques savent rédiger des courriels, corriger des phrases et tenir des conversations dans plusieurs langues. Faut-il encore consacrer du temps à apprendre l’anglais ? Le Cercle des Langues a interrogé les Français sur cette question dans le cadre de son Observatoire. Les résultats révèlent un attachement aux compétences linguistiques, malgré les possibilités offertes par l’intelligence artificielle.
L’IA ne décourage pas l’apprentissage des langues
La traduction instantanée pourrait réduire l’intérêt des cours de langues. Pourtant, 54,4 % des personnes interrogées estiment que leur maîtrise personnelle conservera la même importance. Mieux, 26,7 % pensent qu’elle deviendra plus stratégique et valorisée.
Au total, 81,1 % défendent donc l’utilité durable des compétences linguistiques. Seuls 18,9 % envisagent une perte d’importance face aux progrès des outils automatiques.
L’intelligence artificielle trouve néanmoins sa place dans la formation. Pour 55,4 % des répondants, elle constitue une aide utile, à condition de compléter des cours classiques. Un quart, soit 25,9 %, juge même illusoire l’idée d’apprendre exclusivement avec elle. À l’inverse, 18,8 % croient possible une formation entièrement autonome.
Les échanges professionnels favorisent encore l’humain
La confiance envers les outils automatiques varie selon les situations. Pour négocier, présenter ou défendre un dossier professionnel en anglais, seuls 11,5 % des répondants accepteraient de déléguer totalement la communication à une IA. Quelque 38 % lui feraient confiance pour des échanges simples. Mais 36,9 % préféreraient parler eux-mêmes, quitte à commettre des erreurs. Les 13,7 % restants solliciteraient plutôt un collègue ou un interprète.
Pour François Fourmentin, CEO et cofondateur du Cercle des Langues, l’IA pousse surtout à revoir les méthodes pédagogiques. Selon lui, la formation doit privilégier la prise de parole, les nuances et la confiance dans les interactions.
L’anglais freine encore l’accès aux technologies
Les Français utilisent pourtant massivement leur langue maternelle avec les assistants IA. 68,9 % rédigent toujours leurs requêtes en français, contre 21,8 % qui le font le plus souvent. Seulement 2,9 % privilégient l’anglais pour obtenir de meilleurs résultats.
Cette facilité ne supprime pas les obstacles linguistiques. Selon l’Observatoire, 72,2 % des répondants estiment que leur niveau d’anglais peut limiter leur accès aux technologies récentes, totalement ou partiellement.
Plus révélateur, 45,9 % déclarent avoir déjà abandonné un outil numérique ou une IA faute d’un anglais suffisant. Parmi eux, 25,7 % ont rencontré cette difficulté plusieurs fois et 20,2 % une seule fois. L’anglais demeure ainsi une compétence pratique pour accéder aux logiciels professionnels, même lorsque les assistants IA acceptent des instructions en français.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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