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Le maître dépassé ? Anthropic a grillé la politesse à OpenAI

Anthropic vs OpenAI Action bourse

Alors que l’industrie se prépare à une vague d’introductions en bourse (IPO) sans précédent, Anthropic semble avoir réussi l’impossible : griller la politesse à OpenAI sur le terrain des revenus. Entre la domination des agents de codage et une guerre comptable sur la gestion des jetons (tokens), la course vers Wall Street se transforme en un goulot d’étranglement où seuls les plus gourmands en capital survivront. Votre fil d’actualité boursière risque alors d’être saturé jusqu’en 2027.

Le calendrier des introductions en bourse pour le second semestre 2026 s’annonce si dense qu’il menace d’assécher les liquidités du marché

Selon des sources proches du dossier, SpaceX devrait ouvrir le bal avec une tournée de présentation dès juin 2026. OpenAI et Anthropic devraient suivre de près au cours de la deuxième moitié de l’année.

Cette concentration de « méga-licornes » crée une telle force d’attraction que des acteurs majeurs comme Canva ou Databricks — pourtant valorisés à des dizaines de milliards de dollars — craignent d’être marginalisés. 

Plusieurs analystes de Reuters confirment que SpaceX absorbera une part disproportionnée de la demande

En conséquence, la réouverture générale du marché des IPO pourrait être repoussée à 2027, les banquiers conseillant déjà aux entreprises plus modestes d’éviter de croiser la route d’Elon Musk sur les marchés.

Anthropic passe devant OpenAI

L’information a fait l’effet d’une bombe ce lundi : Anthropic a annoncé un chiffre d’affaires annuel dépassant les 30 milliards de dollars. 

Ce chiffre place la société derrière Claude devant son rival historique, OpenAI, qui déclarait la semaine dernière générer 2 milliards de dollars par mois, soit un rythme annualisé de 24 milliards de dollars. Pour comprendre la fulgurance de cette ascension, il faut regarder le rétroviseur :

PériodeChiffre d’affaires OpenAIChiffre d’affaires Anthropic
Début 20256 milliards $1 milliard$
Début 202620 milliards $9 milliards$
Avril 202624 milliards $30 milliards $

Le triomphe des agents de codage

Le moteur de cette croissance ? Les agents de codage comme Claude Code. Malgré les restrictions imposées par le Pentagone et une mise à l’index partielle, Anthropic a capitalisé sur l’adoption massive de ses extensions logicielles par les grandes entreprises. 

Ce succès a été si violent qu’il a provoqué une chute de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière dans le secteur des logiciels traditionnels en février dernier.

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Une victoire en trompe-l’œil ?

Le camp d’OpenAI, par la voix d’Ethan Choi (Khosla Ventures), tempère toutefois cet exploit. Selon lui, comparer les deux entreprises revient à comparer « des pommes et des oranges » en raison de méthodes comptables divergentes :

  • Anthropic : comptabilise ses revenus bruts, incluant les commissions versées aux fournisseurs cloud (AWS).
  • OpenAI : comptabilise ses revenus nets, déduisant les commissions versées à Microsoft Azure.

Si OpenAI adoptait la méthode d’Anthropic, ses chiffres seraient mathématiquement bien plus élevés. 

Cependant, au-delà de la comptabilité, un changement de paradigme s’opère : le volume de jetons (tokens) est devenu plus important que le nombre d’utilisateurs. 

Pour les investisseurs, un développeur dont les tâches de programmation sont gourmandes en tokens est bien plus rentable qu’un million d’utilisateurs posant des questions basiques à un chatbot.

Le pivot stratégique de Sam Altman, c’est qu’OpenAI semble avoir retenu la leçon. L’entreprise a récemment fermé son service de génération vidéo Sora pour réorienter toutes ses ressources vers Codex, son outil de programmation, afin de maximiser sa consommation de tokens en entreprise.

Le mur des 8 000 milliards de dollars

Si les ambitions logicielles sont sans limites, la réalité matérielle pourrait bien freiner l’élan de l’IA. 

D’ici 2030, au moins 110 gigawatts (GW) de capacité de centres de données sont en projet. Le coût de construction de ces forteresses numériques donne le vertige.

En utilisant les estimations de Jensen Huang (PDG de Nvidia), qui situe le coût entre 60 et 80 milliards de dollars par GW, le calcul du financement total requis est le suivant :

Cou^tmin=110×60=6600 milliards de dollarsCou^tmax=110×80=8800 milliards de dollarsCoût_{min} = 110 \times 60 = 6\,600 \text{ milliards de dollars} Coût_{max} = 110 \times 80 = 8\,800 \text{ milliards de dollars}

Actuellement, les flux de trésorerie et la dette disponible chez les géants comme Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle ne permettraient de réunir qu’environ 7 500 milliards de dollars

Les ambitions de l’intelligence artificielle sont en train de se heurter à un plafond de financement global, même pour les entreprises les plus riches de l’histoire.

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