Alors que les outils comme ChatGPT sont désormais largement utilisés par les étudiants, plusieurs spécialistes invitent les universités d’Asie du Sud-Est à revoir leur approche. Plutôt que de multiplier les contrôles et les sanctions, ils estiment qu’il devient essentiel d’apprendre aux étudiants à utiliser l’intelligence artificielle de manière responsable et efficace.
Si la lutte contre la triche reste une priorité pour de nombreux établissements, la Malaisie et l’Indonésie commencent à explorer une autre voie. Celle-ci consiste à former les étudiants aux usages pratiques de l’intelligence artificielle. Au lieu de chercher uniquement à limiter l’utilisation de l’IA, on veut préparer les étudiants à évoluer dans un environnement professionnel où ces outils occuperont une place de plus en plus importante.
Les étudiants utilisent déjà l’intelligence artificielle au quotidien
Dans les universités, l’utilisation d’outils comme ChatGPT, Gemini ou Claude est progressivement devenue une réalité quotidienne. Les étudiants s’en servent pour les aider à organiser leurs recherches, améliorer leurs travaux, programmer ou encore explorer des solutions à des problèmes complexes.
Malgré cette évolution des pratiques, la réponse de nombreuses institutions repose encore principalement sur des mesures de contrôle. Plusieurs universités renforcent leurs règlements. Elles installent des logiciels capables de détecter les contenus générés par l’IA et prévoient des sanctions en cas d’utilisation jugée abusive.
Cette stratégie est toutefois critiquée par certains spécialistes. Selon eux, cette approche ne tient pas suffisamment compte d’une réalité désormais difficile à ignorer. En effet, l’intelligence artificielle est déjà entrée dans les usages quotidiens des étudiants. Pour ces experts, le défi n’est plus vraiment d’empêcher l’utilisation de ces outils. Il faut apprendre aux étudiants à s’en servir correctement. Ces derniers doivent aussi développer leur esprit critique et leur capacité à vérifier les informations produites.
Le marché du travail accélère cette évolution
Le besoin d’adapter l’enseignement supérieur répond également aux changements rapides du marché de l’emploi. Les entreprises recherchent désormais des profils capables de travailler avec les nouvelles technologies. La maîtrise du prompting devient progressivement une compétence recherchée dans de nombreux secteurs.
D’après des chiffres rapportés par The Conversation, plus d’un tiers des emplois destinés aux jeunes diplômés nécessitent aujourd’hui des compétences liées à l’intelligence artificielle. Ce chiffre aurait fortement progressé depuis l’automne 2025. Par ailleurs, 28 % des recruteurs indiqueraient rechercher des candidats juniors capables d’utiliser l’IA dans leurs activités quotidiennes.
Face à ces évolutions, les universités doivent donc réfléchir à leur rôle. Elles doivent aujourd’hui aller au-delà de la transmission des connaissances. Il leur faut préparer les étudiants à un marché du travail où l’IA occupera une place de plus en plus importante.
L’Asie du Sud-Est commence à encadrer les usages
En Indonésie, cette transition commence déjà à prendre une dimension institutionnelle. Un décret ministériel conjoint a été adopté par sept ministres afin d’encadrer l’utilisation de l’IA dans l’éducation. Il introduit certaines restrictions dans l’enseignement secondaire. Il demande également aux universités de définir un cadre adapté à leurs propres besoins. L’objectif est de trouver un équilibre entre prévention des abus et développement des compétences numériques.
La Malaisie souhaite également renforcer sa position dans l’économie numérique régionale. Les observateurs estiment que ses universités auront un rôle important à jouer dans cette transformation, notamment en développant la culture numérique des étudiants.
Les universités pourraient également encourager la création d’applications basées sur l’IA dans plusieurs domaines. La finance islamique fait partie des secteurs qui pourraient bénéficier de ces nouveaux usages numériques.
Les examens doivent évoluer avec les nouveaux usages
L’arrivée des outils d’IA oblige également les universités à revoir leurs méthodes d’évaluation. Les devoirs réalisés uniquement à distance deviennent plus difficiles à analyser, car il est désormais possible pour un étudiant d’obtenir rapidement l’aide d’un assistant numérique.
Pour s’adapter à cette évolution, plusieurs établissements souhaitent privilégier les présentations orales, les études de cas en direct et les travaux favorisant la réflexion personnelle. Les étudiants doivent aussi comprendre les limites de ces outils, apprendre à distinguer les informations fiables des erreurs possibles et adopter des pratiques responsables.
L’UNESCO soutient d’ailleurs une approche fondée sur le développement de l’esprit critique et des compétences numériques plutôt que sur une interdiction systématique de l’intelligence artificielle.
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