Le géant technologique a dévoilé l’« Universal Commerce Protocol » pour standardiser les interactions entre les agents d’intelligence artificielle et les systèmes de vente en ligne.
Lors du coup d’envoi du salon annuel de la National Retail Federation (NRF), ce dimanche 11 janvier 2026, Google a officialisé le lancement de l’Universal Commerce Protocol (UCP). Ce nouveau système en code ouvert vise à établir une norme industrielle permettant aux commerçants de connecter leurs agents d’intelligence artificielle à l’ensemble du processus de vente. Le dispositif couvre toutes les étapes du parcours client : de la découverte d’un produit à l’achat final, jusqu’au support après-vente.
Un cadre technique commun pour la vente en ligne
L’objectif affiché par le groupe californien est de simplifier l’infrastructure technologique des détaillants. Avec le protocole UCP, les entreprises n’ont plus besoin de développer leurs propres outils internes pour lier chaque fonction commerciale entre elles. Vidhya Srinivasan, vice-présidente de Google chargée de la publicité et du commerce, a précisé lors d’un entretien avec CNBC qu’une méthode standardisée est désormais nécessaire. Cette approche permettra de faciliter le passage à l’échelle.
Selon la dirigeante, cette structure offre une certaine flexibilité. Les entreprises peuvent, en effet, choisir d’activer uniquement les modules dont elles ont besoin. Le protocole a été conçu en collaboration avec plusieurs acteurs majeurs du secteur, notamment Shopify, Etsy, Wayfair et Target. Cette coopération permet de garantir la compatibilité de l’UCP avec les systèmes déjà utilisés par ces plateformes.
L’intégration dans l’écosystème Gemini
L’une des nouveautés immédiates liées à ce protocole est l’apparition d’une fonction de paiement direct au sein de l’application Gemini et du mode IA de Google. Les utilisateurs peuvent désormais effectuer des achats sans quitter l’interface de l’intelligence artificielle. Pour l’instant, les transactions passent par Google Wallet. Vidhya Srinivasan a toutefois indiqué que d’autres moyens de paiement, comme PayPal, seront intégrés prochainement.
En parallèle, Google a introduit Business Agent, un outil permettant aux clients de discuter directement avec les marques. Ce service est conçu pour s’adapter aux nouveaux comportements des consommateurs qui privilégient les échanges conversationnels. L’idée est de permettre aux enseignes de s’adresser aux utilisateurs sur les plateformes de Google tout en conservant leur propre identité et leur ton spécifique.
🧵 THREAD – Google vient de lancer un truc énorme qui pourrait tuer les sites e-commerce tels qu'on les connaît.
— Julien Beydon (@BeydonJulien) January 13, 2026
Le 11 janvier 2026, Google a présenté l'Universal Commerce Protocol (UCP). Et c'est bien plus qu'une énième techno : c'est le début de la fin du "clic pour acheter".…
Publicité ciblée et données de marché
Le secteur publicitaire, cœur de métier du groupe, reçoit également une mise à jour avec le test des Direct Offers. Ce système permet aux détaillants d’afficher des remises personnalisées. Par exemple, une réduction de 20 % peut être proposée lorsqu’un utilisateur manifeste une intention d’achat claire lors d’une discussion avec le chatbot.
Cette annonce intervient dans un contexte de concurrence accrue sur le marché du commerce assisté par ordinateur. OpenAI propose déjà Instant Checkout via ChatGPT. De son côté, Perplexity s’est associé à PayPal depuis mai 2025. Depuis, ses utilisateurs peuvent finaliser des achats ou des réservations directement dans sa messagerie. Amazon, quant à lui, a lancé l’année dernière Shop Direct. Cet agent est capable d’acheter des produits sur des sites tiers pour le compte de l’abonné.
L’ampleur financière de ce segment est documentée par un rapport de la société McKinsey publié en octobre dernier. Ce document estime que le marché mondial du commerce propulsé par l’IA et les agents autonomes pourrait connaître une croissance massive. Il pourrait représenter une opportunité comprise entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars d’ici 2030. Google se positionne ainsi pour capter une partie de ces flux en devenant l’interface technique de référence pour les transactions numériques.
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